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Appel à articles, vol.21 n2 - Internationalisation des enjeux communicationnels

Appel à articles

Internationalisation des enjeux communicationnels

Les étudiantes et étudiants de 2e et de 3e cycles, ainsi que les jeunes chercheures et chercheurs sont invitées et invités à soumettre un texte pour le prochain numéro thématique de COMMposite (Vol. 21, n. 2) intitulé « Internationalisation des enjeux communicationnels ». La revue accepte les articles originaux, les notes de recherche, les entrevues et les recensions d’ouvrages reflétant la recherche francophone en communication.

Dans l’introduction de la troisième édition de son ouvrage de référence International Communication : Continuity and Change (2019), le chercheur Daya Kishan Thussu fait le constat suivant : « In the digital age, international communication has become more widespread and multilayered, and therefore, the need to study it has acquired an added urgency » (Thussu, 2019: xvi). En effet, le champ de recherche de la communication internationale s’est considérablement transformé depuis le début des années 2000. Traditionnellement associée à l’étude de l’échange d’informations entre les États (Fortner, 1993) ou encore à l’étude des géants américains (de Disney  à l’industrie du web de la Silicon Valley), la recherche en communication internationale se « dé-occidentalise » (Agbobli, 2015) et se « dégooglise » (Fuchs, 2019).

D’un côté, en apportant de plus en plus d’attention aux pays du Sud politique, les chercheurs et chercheuses font non seulement émerger de nouvelles perspectives « dé-occidentalisées », mais renouvellent aussi les sujets de recherche. Ainsi, Thussu (2019) s’intéresse au « contra-flow » médiatique, c’est-à-dire à la tendance à la circulation des produits culturels (divertissement et médiatique) du Sud subalterne vers le Nord hégémonique. Nous faisons ici référence à l’influence grandissante des telenovelas latino-américaines ainsi que l’industrie cinématique en Inde (Bollywood), en Corée du Sud (Hallyu) et au Nigeria (Nollywood), mais aussi l’ambition globale des chaînes de nouvelles Al Jazeera (Qatar) et RT (Russie) (Thussu, 2018).

De l’autre côté, la grande attention, souvent bienveillante, portée aux GAFAM dans la dernière décennie par les universitaires semble s’estomper aux dépens d’approches plus critiques remettant en question l’hégémonie de ces corporations (Fuchs, 2019). Ces travaux de recherche déconstruisent les discours (Cultural Studies, sémiotique) et les modèles économiques (Économie politique) de ces grandes compagnies tout en proposant des nouveaux modèles autonomes et alternatifs (p. ex., recherche-création, digital humanities; Maxwell, 2015).

Le prochain numéro de COMMposite invite à poursuivre ce mouvement. À l’ère de la mondialisation, mais aussi de la « numérisation généralisée », peu d’enjeux communicationnels peuvent être étudiés en silos (George, 2019). C’est autour du thème de « l’internationalisation » dans son sens le plus large que ce numéro de COMMposite invite les jeunes chercheures et chercheurs à réfléchir à la manière dont les études en communication peuvent aider à penser les enjeux internationaux, mais aussi comment les enjeux communicationnels locaux peuvent aider à comprendre ceux internationaux, et vice versa.

Les sujets peuvent se présenter sous de multiples formes, mentionnons la montée des corporations transnationales, la communication environnementale, le journalisme alternatif et les mouvements sociaux altermondialistes et décoloniaux, la consolidation du pouvoir par les médiums techniques, le cadrage médiatique (le traitement international du terrorisme par exemple), le développement des réseaux socionumériques, mais aussi la pluralisation des médias avec la montée de géants médiatiques en Chine, Inde, Russie, Qatar, etc. (Brinson, 2012). L’on pourrait également  s’intéresser aux phénomènes de radicalisation sur internet, à la mobilité internationale et aux flux migratoires, au colonialisme et aux luttes autochtones (Simpson, 2011), ou encore aux questions liées aux différentes diasporas (Arasaratnam, 2015). Enfin, les enjeux globaux de surveillance,  de big data et de capitalisme communicationnel méritent de s’y arrêter (Mondoux et Ménard, 2018; Andrejevic, 2013).

Parmi les thèmes encouragés, soulignons de manière non exhaustive :

  • La transnationalisation des corporations numériques, du digital labor mais aussi des multiples résistances face à ces projets.
  • L’impact de l’intensification des flux migratoires et des échanges culturels sur les frontières de nos sociétés.
  • La mobilisation et la participation citoyennes dans un contexte international.
  • Le cadrage médiatique d’enjeux internationaux, comme le terrorisme ou la crise climatique.

Le mandat de COMMposite est de permettre aux chercheures et chercheurs de la relève de faire l’expérience d’un premier processus de publication. Ainsi, seulement les étudiantes et les étudiants des cycles supérieurs (maitrise et doctorat) ainsi que les chercheures et chercheurs en début de carrière (moins de deux ans depuis la soutenance de la thèse de doctorat) sont invitées et invités à soumettre leurs textes.

La date limite de soumission sur le site Internet de la revue est

le 25 février 2020

Politiques éditoriales

Les politiques éditoriales, les directives et les règles de mises en page à respecter avant soumission sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.commposite.org/index.php/revue/about/submissions#authorGuidelines

Nous invitons les personnes souhaitant proposer des articles pour Commposite à consulter le guide de féminisation et à s’y conformer : https://geracii.uqam.ca/wp-content/uploads/sites/33/2018/07/Guide-de-feminisation-et-de-francisation-des-textes_COMMposite.pdf

Bibliographie

Agbobli, C. (2015). La communication internationale : état des lieux et perspectives de recherche pour le XXIe siècle. Communiquer, n. 15, pp. 65-84.

Andrejevic, M. (2013). Surveillance in the Big Data Era. Dans K. D. Pimple (dir.), Emerging Pervasive Information and Communication Technologies (PICT): Ethical Challenges, Opportunities and Safeguards, pp. 55–69. Dordrecht, Netherlands: Springer.

Arasaratnam, L. A. (2015). Research in Intercultural Communication: Reviewing the Past Decade. Journal of International and Intercultural Communication8(4), 290‑310.

Brinson, M.E. et Stohl, M. (2012). Media Framing of Terrorism: Implications for Public Opinion, Civil Liberties, and Counterterrorism Policies. Journal of International and Intercultural Communication, 5(4), pp. 270–290.

Fortner, F. (1993). International communication: History, Conflict and Control of the Global Metropolis. Belmont, CA : Wadsworth.

Fuchs, C. (2019). A Contribution to the Critique of the Political Economy of Google. Fast Capitalism8(1).

George, É. (dir.) (2019). Numérisation de la société et enjeux sociopolitiques. Tomes 1 et 2. Paris : ISTE.

Maxwell, R. (2015). The Routledge companion to labor and media. New York : Routledge.

Mondoux, A. et Ménard, M. (2018). Big Data et Société: industrialization des médiations symboliques. Montréal : PUQ.

Simpson, L. B. (2011). Dancing on our turtle’s back : Stories of Nishnaabeg re-creation, resurgence and a new emergence. Winnipeg: Arbeiter Ring Pub.

Thussu, D. K., De Burgh, H. et Shi, A. (dir.). (2018). China’s Media Go Global. Londres, Royaume-Uni : Routledge.

Thussu, D. K. (2019). International communication: Continuity and change, (3e éd.). Londres, Royaume-Uni : Bloomsbury Publishing.

 



Les Éditions électroniques COMMposite. ISSN : 1206-9256. Les textes sont la propriété de leurs auteurs respectifs.